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Préparer le voyage

À cinq minutes d'Ascain, sur le dernier bout de côte française avant l'Espagne, la ville où vous logerez — et d'où partira la navette le jour J. Port baleinier, repaire de corsaires, et, un matin de juin 1660, centre de l'Europe.

Le mariage royal

Le 9 juin 1660, Louis XIV épouse Marie-Thérèse d'Espagne en l'église Saint-Jean-Baptiste, à deux pas de la place centrale. Ce mariage scelle le traité des Pyrénées et met fin à une génération de guerre entre les deux royaumes. La cérémonie dura trois heures.

La porte par laquelle les mariés sont sortis a été murée. La version romantique veut que personne n'ait plus jamais eu le droit de l'emprunter ; la version honnête dit qu'elle a disparu lors d'un agrandissement de l'église. Ici, on raconte les deux — et on voit encore l'emplacement.

À l'intérieur, l'église ne ressemble à aucune autre : des étages de galeries de chêne sculpté autour d'une nef sombre, et un retable doré qui grimpe jusqu'au fond.

Un nid de corsaires

On pêche ici depuis le IXe siècle : la baleine d'abord, puis la morue de Terre-Neuve, et aujourd'hui le thon et l'anchois qui rentrent encore dans le port que vous pouvez longer à pied.

En temps de guerre, les baleiniers se faisaient corsaires. Saint-Jean-de-Luz armait ses navires en course avec lettre du roi, et si efficacement que les Anglais appelaient la ville un nid de vipères. On rapporta à Louis XIV qu'un capitaine, Coursic, avait ramené plus de cent navires pris à l'ennemi.

La baie

La baie paraît paisible. Elle ne l'a pas toujours été. Une tempête emporta quarante maisons et le couvent des Ursulines en 1782 ; en vingt-cinq ans, la ville perdit les deux tiers de ses habitants. En 1822, c'est un quartier entier qui disparut.

Napoléon III fit enfin barrer la mer. Les trois digues qui ferment la baie — Socoa, Artha et Sainte-Barbe — expliquent pourquoi la Grande Plage est aujourd'hui l'une des plus calmes de toute la côte.

De l'autre côté de l'eau

Ciboure occupe l'autre moitié du port, à deux minutes par le pont. Maurice Ravel y est né en 1875, dans la haute maison à pignon hollandais du quai.

Une chose à goûter

La Maison Adam fait ses macarons selon la même recette depuis avant le mariage royal — une pyramide en fut offerte à Louis XIV et à sa jeune épouse en 1660. Tendres, très amande, rien à voir avec le macaron parisien.

Ensuite : le gâteau basque, la confiture de cerise noire d'Itxassou, et ce qui est rentré au port le matin même.