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Préparer le voyage

À cinq minutes de Saint-Jean-de-Luz, au pied de la Rhune, voici le village où tout se passera. Quelques histoires à connaître avant de venir.

Le village

Ascain est là depuis le Moyen Âge : maisons blanches aux volets rouge sang-de-bœuf, place ombragée de platanes, et une église du XVIIe siècle à trois étages de galeries de chêne sculpté. Levez les yeux dans la nef : un bateau votif y est suspendu, souvenir du temps où Ascain était un port fluvial, d'où pierre et bois descendaient la Nivelle jusqu'à la mer.

Entre l'église et la place, le fronton — on y joue à la pelote depuis toujours. C'est ici que Pierre Loti a écrit Ramuntcho, l'histoire d'un pelotari d'Ascain.

Le pont

À la sortie du village, le Pont romain franchit la Nivelle sur trois arches de pierre inégales. La légende dit l'an 450 — les dernières décennies de l'Empire romain. Les historiens, moins romantiques, penchent pour une reconstruction médiévale sur une ancienne voie romaine. Le nom est resté quand même.

Regardez au pied de la pile centrale : un visage d'homme est sculpté dans la pierre. Il a passé des siècles sous l'eau et ne réapparaît que lorsque la rivière est basse.

Pendant presque toute son existence, c'était le seul accès au village. Tout passait par là — les bergers, les charrettes, les pèlerins de Compostelle — jusqu'à l'ouverture de la route de Saint-Jean-de-Luz en 1863, qui lui a ôté son rôle vital.

Il a été détruit et reconstruit plus d'une fois. En novembre 1813, les troupes françaises en retraite l'ont coupé pendant la bataille de la Nivelle pour ralentir l'artillerie de Wellington. On l'a réparé. Une crue l'a éventré en août 1983, et en décembre 1994 la pile la plus solide — déjà fragilisée — s'est effondrée dans la rivière. À chaque fois, il a été rebâti à l'identique, pierre pour pierre. Il est classé monument historique depuis 1925.

La Rhune

La montagne au-dessus du village — 905 mètres, dernier sommet des Pyrénées avant l'Atlantique, et montagne des légendes basques. Comptez deux heures de marche depuis Ascain, ou montez par le petit train à crémaillère du col de Saint-Ignace, en service depuis 1924. Du sommet, on voit deux pays, les montagnes et l'océan.